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2eme partie : la construction du jardin

Le chantier de la maison était en cours quant, en janvier 1975, d’importantes précipitations pluvieuses provoquèrent des inondations qui mirent en évidence la mauvaise position de notre demeure, située au milieu du chemin de l’écoulement naturel des eaux. ; celles-ci traversaient la maison de part en part, tel un torrent.

Il fallait trouver une solution. Cela s’avéra assez facile dans la mesure où la maison dominait quand même une bonne partie du terrain. Concernant le jardin proprement dit, les premiers travaux consistèrent à dégager la terre au bulldozer pour former un fossé, transformé ensuite en ruisseau. L’excédent de terre - un volume de 700 m 3 - fut adossé au talus longeant la route, et donna lieu à la toute première création paysagère du jardin : la rocaille.

Cette option fut retenue en raison des pentes importantes qu’avaient générées les déplacements de terre.

Les premiers enrochements disposés à partir de 1976 ont été pour nous le début d’une véritable découverte du monde végétal. Sur cette image, on voit le « trou » du futur bassin chargé de collecté l’excès d’eau dû aux pentes importantes.

Dans cette rocaille, les plantes alpines déployèrent d’énormes facultés d’adaptation. Peu habituées à vivre en plaine, elles faisaient là mieux que survivre : dans ce milieu rocailleux créé de toutes pièces, elles croissaient et se multipliaient aussi bien que dans leur nature d’origine.

Cette expérience encourageante nous donna envie d’aller plus avant dans nos découvertes. L’idée d’un aménagement progressif de l’espace qui entourait la maison prenait tournure.

Le fossé de drainage qui contournait la maison fut peu à peu aménagé en ruisseau permanent. On voit sur cette photo prise en 1978, le bassin tout en longueur du futur petit jardin exotique et le pont provisoire qui permettra plus tard de le franchir.

Sur cette photo prise en automne 80, on voit le fossé débouchant sur la zone inondable (au centre) dans laquelle, dans un premier temps, nous avons installé des pétasites qui ont très bien joué leur rôle de plante évaporatrice. Au fond, la serre-tunnel de la première pépinière, créée pendant l’été 1979. A sa place, se situe aujourd’hui le jardin potager, aménagé à partir de 1987.

Vue générale prise en mars 1981 avec, au premier plan, le futur petit jardin exotique, suivi derrière du talus qui deviendra le jardin de gravier, et au fond, le long du talus planté d’arbres : la future roseraie. L’allée au premier plan a aujourd’hui disparu, remplacé par une haie de conifères.

Après tous ces énormes travaux réalisés pour la plupart par nos soins et l’aide de quelques (rares) amis, des travaux d’aménagements plus modestes eurent lieu jusqu’en 1983.

Là, 3 ans de repos et de réflexions furent nécessaire. Après quelques pérégrinations professionnelles, je décidais, par le biais du journalisme, de reprendre les travaux du jardin au cours de l’été 1986.

Suivez le guide…

Les travaux recommencèrent par la création d’un petit potager là où se situait la première pépinière. On voit ici les toutes premières plantations au printemps 1987, avec au fond l’aménagement des « carrés » des plantes condimentaires qui ne sont pas encore ceintes de petites haies de buis, ni séparés du reste du potager par des palmettes fruitières.

Au cours de l’été 88, les travaux consistèrent à installer un jardin dallé reliant le potager à la maison. Afin de briser la monotonie d’une telle allée, je décidai de laisser de nombreux « trous » entre les dalles afin d’y installer des plantes. Cette façon de faire libéra de nombreuses dalles, qui me permit d’élargir cette allée, jusqu’à devenir un petit jardin à part entière. En 2002, nous y installions une collection de plus de 500 variétés d’iris ; c’est ainsi qu’il devint le « jardin Arc en ciel »

C’est au cours de l’année 1989 que j’entrepris d’implanter un bassin, là où les inondations étaient assez fréquentes, sur cette photo, on voit le traçage, à l’aide d’un tuyau d’arrosage, de ce qui deviendra le « Jardin des primevères ».

C’est au cours de cet été là que j’eu recours à un aide. Je ne pouvais plus, seul, agrandir le jardin tout en entretenant ce qui avait été réalisé. Depuis cette époque, je n’ai plus jamais travaillé seul. Tous ces travaux ont été faits à la main ; ainsi ce bassin situé dans le point le plus bas du jardin fut creusé à la pelle et la terre transportée à l’aide d’une remorque attelée à la tondeuse auto-portée.

Une fois le bassin mis en eau, le travail du sol de la berge devait être fait avant l’arrivée des pluies d’automne car le sol à cet endroit est presque toujours humide. Ce jardin à été entièrement refait en été 2003 ; le bassin recreusé, les berges agrandies et aujourd’hui un petit pont japonais enjambe le ruisseau qui alimente ce bassin. Notez également le talus à l’arrière plan, qui borde le jardin de dallage, son enrochement est en cours.

Eté 1990 : traçage des futurs « Jardin blanc », « jardin des hostas » et de « la pergola ». Je devais être particulièrement inspiré cette année là, car je délimitai tout l’ensemble de cette partie du jardin en une seule journée ; la forme des futures plates-bandes, les allées ainsi que le sens général des circulations. On voit au fond, la petite serre-tunnel située dans le jardin potager. Elle nous servait à faire nos semis et boutures pour tout le jardin. Après traçage à l’aide de ficelles et de tuyaux d’arrosage, nous marquons les contours à la bêche, puis nous ôtons la couche de gazon afin de surélever les allées par rapport aux plates-bandes. Cette couche de gazon fournira plus tard un excellent compost.

Automne 1990, vue générale du jardin des hostas au fond, puis du jardin blanc en dessous et au premier plan, « le carrefour » qui sera ensuite dallé et recouvert de la pergola.

Printemps 91, la même allée que ci-dessus, mais ayant reçu son revêtement de dalles et de briques.

Hiver 1991 : montage des éléments de la pergola. C’est un modèle que j’ai totalement imaginé, de sorte qu’il puisse être construit avec des outils simples : une tronçonneuse, une égoïne, un marteau, un tournevis, des clous et des vis. Elle est réalisée en chêne, acheté brut auprès d’une scierie locale.

Printemps 1992 : vue de la pergola totalement terminée. J’ai choisi de la peindre en noir, car cette couleur « amincit » les formes, la faisant paraître ainsi plus légère, plus aérienne. De plus, le noir étant une « absence » de couleur , il s’harmonise avec tout. Afin de créer une unité dans tout le jardin, toutes les constructions qui ont suivi ont été également teintées en noir.

Depuis 1986, je travaillais comme journaliste free-lance pour différentes revues de jardinage. A partir de 1991, je conclus avec les dirigeants de la Revue RUSTICA-HEBDO, avec lesquels j’avais tissé des liens d’amitié, un accord afin d’ouvrir ce jardin au public. Ils m’apportaient leur aide financière afin de pouvoir parachever ce projet et je mettais mon expérience au service de leurs lecteurs en ouvrant ce jardin. En 1994, une société anonyme fut créée et perdura jusqu’en décembre 1999, date à laquelle, cette entreprise redevint une affaire familiale. Sans le soutien constant et indéfectible des dirigeants de cette célèbre revue de jardinage, ce projet d’ouverture du jardin au public n’aurait jamais pu être concrétisé.

Parallèlement à la construction de la pergola, fin 1991, nous entreprîmes les travaux d’aménagement de toute la partie sud du jardin. Pour la première fois, nous fîmes appel à une entreprise de travaux publics, car les volumes de terre à déplacer nous auraient demandé des années de travail. En effet, pour cette partie pas moins de 2000 à 3000 M3 de terre durent être déplacés. On voit sur cette photo, la future roseraie au premier plan, et au fond l’extension de la rocaille.

En février 92, nous aménageâmes le grand ruisseau qui traverse la partie sud du jardin dans toute sa longueur.

Au cours de l’année 92, les travaux consistèrent surtout à aménager les berges du ruisseau ainsi qu’à tracer et à planter la plate-bande d’automne et le jardin de graviers. Les roches de la rocaille (visibles sur la droite) avaient été apportées, mais leur disposition n’avait pas encore commencé.

Courant 1992, puisque le jardin devait être ouvert au public, nous devions construire un bâtiment pour son accueil. J’en dessinai les plans. La construction et l’ aménagement furent réalisé par deux personnes : un jardinier (ils étaient 2 à travailler avec moi à l’époque) et moi-même. Les travaux n’avançant pas assez vite, nous appelâmes un maçon à la rescousse pour nous aider à terminer les aménagements intérieurs dans les temps.

Au cours de l’année 1993, le plus gros travail consista à construire l’extension de la première partie de la rocaille réalisée à la fin des années 70. Lorsque le jardin fut ouvert au public le 29 mai 1993, de nombreux travaux restaient encore à faire pour le terminer dans sa totalité.

Cette vue aérienne prise en juin 93 montre assez bien le tracé de la nouvelle rocaille. Fort heureusement, un voisin agriculteur nous prêta un petit engin articulé qui nous permit, sinon de placer les roches avec précision, au moins d’amener à pied d’œuvre celles qu’un camion équipé d’une grue nous avait déposé le long de la route, juste derrière la haie. Les roches furent ensuite placées, à la main pour la plupart, à l’aide de barres à mine pour les plus grosses dont quelques-unes dépassaient les 2 tonnes.

En septembre de la même année, les premières plantes prirent place entre les roches nouvellement installées.

Cette autre vue aérienne prise en juin 93, montre les jardins de graviers terminés, de part et d’autre de l’allée gazonnée, ainsi que la mixed-border, ( en bas à gauche ) dont l’allée centrale n’avait pas encore reçu son dallage.

Les ifs entourant ce jardin ne formaient pas encore vraiment une haie.

Une autre vue de la « mixed-border » au printemps de l’année 1994. Elle a reçu ses nouvelles allées dallées et accueille ses premières plantes.

La construction de la roseraie qui surplombe la mixed-border fut totalement achevée à la fin de l’année 1994. On voit sur cette photo la pose des kiosques, toujours dans le même style que celui de la première pergola, qui couronnent la fin des travaux du premier jardin. Celui-ci sera en effet totalement achevé pour l’ouverture au public en mai 1995.

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