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1ère partie : La chaumière

La chaumière vue depuis la rocaille en août 1993, l’année de l’ouverture du jardin au public.

Le nom de notre jardin vient du hameau dont il fait partie, et « COUDRAY » n’est autre que la contraction de « coudrier » ancien nom du noisetier.

En 1973, lorsque nous avons acquis cette propriété, d’une superficie d’environ 15000 m², il s’agissait d’une fermette délabrée, entourée d’un clos planté de différents arbres fruitiers.

Photo N°1 : Vue de l’avant de la maison, prise en décembre 1972 au moment de son acquisition. De tous les arbres, il ne reste que le grand frêne à droite. Tous les pommiers ont disparu : certains, morts de vieillesse, d’autres ayant succombé aux tempêtes

Photo N° 2 : Vue de l’arrière de la maison en décembre 72.

Le premier travail consista à rénover la maison datant du XVII° siècle, afin de lui redonner, en partie, son caractère primitif de chaumière normande à colombages et toit de chaume. Durant 4 longues années nous consacrâmes tout notre temps « libre » à ce chantier.

L’état de la maison, au fur et à mesure du démontage, s’avéra plus mauvais que nous ne le pensions. Les pièces de bois qui constituaient sont ossature, trop longtemps enfermées derrière un enduit de ciment, étaient pour la plupart très abîmées. Cet état nous obligea à reconstruire cette maison de nos propres mains, quasiment dans sa totalité.

Les images qui suivent, seront plus éloquentes qu’un long discours !

Photo n°3 : Après avoir retiré les enduits recouvrant tout ou partie du colombage, nous nous rendîmes compte que la plupart des pièces de bois étaient très abîmées et ne pouvaient être remontées telles quelles.

Photo N°4 : A cette époque, en 1973, des quartiers entiers de la ville de Rouen étaient en rénovation. D’anciennes maisons furent abattues. Ce qui était regrettable pour le patrimoine rouennais fut une aubaine pour nous, car ces démolitions nous permirent d’acquérir à peu de frais des poutres et des solives en chêne, plusieurs fois centenaires, et dans un remarquable état de conservation. Ici mon regretté père, chaudronnier de métier, profite pleinement de sa « retraite » bien méritée en m’aidant à la rénovation des boiseries récupérées. Son soutien me fut une aide précieuse sans laquelle je n’aurais peut-être pas achevé ces travaux qui dépassaient, il faut bien le dire, mes compétences.

Photo N°5 : On voit sur cette photo que le « 1er étage » n’a pas encore reçu son solivage.

Une fois remonté, le colombage des cloisons intérieures fut empli de briques disposées en chevrons, en épaisseurs alternées. Pas bien normand tout cela… mais très agréable à l’œil. Près de 30 ans après, on ne s’en lasse toujours pas !

Photo N°6 : Fin 75, la reconstruction de la première moitié de la maison presque achevée, nous passâmes à la réfection de la partie « habitable »

Photo N°7 : Cette seconde partie de la maison, contrairement à la première , possédait déjà un plancher supportant le grenier. Ce plancher en bon état, mais situé trop bas pour permettre de passer debout sous les poutres transversales, nous obligea à décaisser plus de 50 centimètres de terre sous TOUTE la surface de la maison. Nous procédâmes par étape, démontant une partie, supportée par des étais, puis remontée avant d’en attaquer une autre. Cela nous permit de faire une dalle de béton en 2 parties seulement sur toute la surface de la maison, assurant ainsi son étanchéité. Depuis ces travaux, les murs ont toujours été exempts d’humidité, même au cœur de l’hiver, et même lorsque nous eûmes à subir une inondation.

Photo N°8 : Après avoir réalisé moi-même les modifications de la charpente, la couverture en chaume fut la seule partie de la maison confiée aux mains d’un professionnel. Pour cette dernière partie, une mauvaise surprise nous attendait encore. La totalité des bois supportant le pignon étaient pourris et menaçaient de s’effondrer. C’est avec beaucoup d’appréhension que je les démontais, car toute l’extrémité de la maison reposait seulement sur quelques étais dont la tenue n’aurait pas résistée à une tempête.

Photo N°9 : Le pignon fut remonté en un temps record. Ici, au cours de l’été 1976, je prends la mesure des dernières pièces de bois à installer dans la partie supérieure du pignon. C’est en forgeant que l’on devient forgeron paraît-il ; en ce qui me concerne, ces travaux m’ont appris à maîtriser le travail manuel, et m’ont enseigné que la ténacité permet de surmonter bien des obstacles, même ceux qui m’auraient semblé infranchissables quelques années plus tôt.

Le plus gros du travaux à faire sur la maison fut terminé en juin 1977, mais déjà, le modelage du jardin avait débuté et devait durer beaucoup plus longtemps.… à ce jour, il n’est toujours pas terminé ! Les quelques photos de la maison qui suivent ont été prises lors de l’hiver 1977.

Photo N°10 : La cuisine que l’on peut déjà « imaginer » sur la photo N°7

Photo N°11 : L’entrée et l’accès à l’étage. Notez la disposition du carrelage enchâssé dans des « caissons » en chêne. J’ai dessiné le plan des lattes et je les ai fait fabriquer par un menuisier local de grand talent. C’est également lui qui réalisa d’après mes plans, l’habillage de la cheminée, la grande table de la salle (qui comporte pas moins de 140 chevilles de bois) ainsi que les meubles de la cuisine que l’on peut voir sur la photo N°13..

Photo N°12 : Le « couloir »

Photo N°13 : La « pièce à vivre ». Pas de portes, nous voulions une maison très ouverte. Ici , la salle, le salon et la cuisine s’articulent autour de la cheminée centrale (dont on voit l’habillage du dos en lambris de chêne)qui joue pleinement son rôle de « foyer central »

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